Programme > Conférenciers invités

Le colloque ECOVEG 10 accueillera plusieurs conférenciers :

 

- Hervé Coquillart

Directeur du Conservatoire d'Espaces Naturels Rhône-Alpes, Vourles

H_Coquillart.pngTravaux de gestion : Les conservatoires d'espaces naturels ont une mission de préservation et de restauration des habitats naturels et des populations d’espèces animales et végétales menacées. Ils interviennent en conduisant en régie des opérations de gestion de sites naturels, dans un contexte qui privilégie la maîtrise foncière et les démarches contractuelles. En Rhône-Alpes une priorité a été mise sur les zones humides et les pratiques de gestion mises en place se veulent innovantes et expérimentales. Cette posture permet d'alimenter un travail d’édition de cahiers techniques mettant à disposition ces retours d'expériences auprès d'autres gestionnaires et de construire une animation territoriale d'appuis aux nouveaux maîtres d'ouvrage qui développent des actions de préservation de zones humides. Nous présenterons au travers d'une série d'exemples comment des plans de gestion  ont combiné la restauration de la fonctionnalité hydrique de la zone humide et la maîtrise de la végétation ligneuse, en fonction du contexte socio-économique et des usages de l'eau sur le bassin versant.

Titre de la conférence : Comment concevoir des programmes d'actions de préservation et de restauration de zones humides, en faveur des espèces et habitats menacés.

Résumé : Les conservatoires d'espaces naturels ont une mission de préservation et de restauration des habitats naturels et des populations d'espèces animales et végétales menacées. Ils interviennent en conduisant en régie des opérations de gestion de sites naturels, dans un contexte qui privilégie la maîtrise foncière et les démarches contractuelles. Le choix, lors de la rédaction des plans de gestion consiste souvent à arbitrer entre la restauration de la fonctionnalité de la zone humide au travers de travaux de restauration lourds et la maîtrise de colonisation par la végétation ligneuse, qui implique des travaux récurrents pendant un certain nombre d’années. L’analyse du fonctionnement de la zones humide est toujours déterminant. Les principales situations observées sont des dysfonctionnements hydriques, liés soit à un déficit d’alimentation en eau soit à un drainage. Des dysfonctionnements trophiques peuvent aussi apparaitre. En principe, il parait pertinent de privilégier une restauration de la fonctionnalité, toutefois il faudra tenir compte de :

- La faisabilité liée aux usages de l’eau sur le micro-bassin versant (disponibilité en quantité et qualité).

- L’acceptabilité locale, analysée dans le cadre de la concertation autour du projet.

- L’efficience, selon les modalités de gestion envisageables et l’état de la zone humide au moment de l’engagement de la gestion, le rapport coût bénéfice n’est pas toujours en faveur des opérations de restauration lourdes.

La combinaison de ces diverses situations sera analysée sur la base d’un certain nombre d’’exemples démonstratifs.

 

- Dov Corenblit

MC Université Blaise Pascal Clermont-Ferrand 2, UMR 6042 GEOLAB, Clermont-Ferrand

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Thématique de recherche : La végétation riveraine pionnière exerce au sein des hydrosystèmes fluviaux une action durable sur la dynamique fluviale via un contrôle marqué sur l'écoulement et le transport sédimentaire. En retour, la modification des conditions physiques locales, couplée à une dynamique de construction des formes fluviales, module la dynamique végétale de l'échelle de l'individu à celle de la communauté. Mes recherches ciblent les rétroactions entre compartiments biologiques et physiques des hydrosystèmes fluviaux impliquant une action des plantes ingénieurs sur leur environnement hydrogéomorphologique, et en retour une réaction des plantes aux modifications de l’environnement sous contrôle biotique.

Titre de la conférence : Rétroactions entre dynamique de la végétation riveraine et dynamique fluviale : effets sur la résistance et la résilience des hydrosystèmes fluviaux

Résumé : Au sein des hydrosystèmes fluviaux, la végétation riveraine pionnière est une composante plastique très réactive à son environnement physique. Les plantes capables d’effectuer leur cycle de vie au sein des corridors fluviaux ont développé des traits fonctionnels de résistance et de résilience spécifiquement en relation avec l’écoulement. Ces plantes modulent en retour la dynamique géomorphologique des cours d’eau en augmentant la cohésion du substrat et en piégeant les sédiments. La modulation de la dynamique sédimentaire et topographique est parfois telle que la structure et le fonctionnement de l’écosystème sont drastiquement affectés. En particulier, l’action des plantes sur la géomorphologie implique en retour une rétroaction sur les plantes ingénieurs elles-mêmes et les autres plantes en présence de l’échelle de l’individu jusqu’à celle de la communauté. Dans une première partie, le modèle de succession biogéomorphologique décrivant dans son intégralité la rétroaction végétation-géomorphologie sera présenté. Dans la seconde partie, les modalités d’action des plantes sur leur environnement géomorphologique seront expliquées à diverses échelles. Dans la troisième partie, les modalités et les niveaux de réaction des plantes aux modifications de la géomorphologie sous contrôle biotique seront discutés. Cette présentation montrera comment la résistance et la résilience des hydrosystèmes est modulée par les rétroactions entre la dynamique de la végétation riveraine et la dynamique fluviale. Elle montrera aussi dans quelles mesures le concept de construction de niche peut s’avérer pertinent dans le cadre de la description du fonctionnement des hydrosystèmes fluviaux.

 

- Vanina Pasqualini

PR Université de Corse, UMR 6134 Sciences Pour l'Environnement, Corte

Vanina2.pngThématique de recherche : Vanina Pasqualini est professeur en écologie végétale à l’Université de Corse. Sa thématique de recherche s’inscrit dans un cadre général d’étude des réponses des communautés végétales littorales aux changements environnementaux. Qu’elles soient terrestres, lagunaires ou marines, ces communautés sont affectées par les fortes pressions anthropiques présentes en zone littorale et les changements globaux, tant au niveau de leur fonctionnement que de l’évolution de leur biodiversité. Les activités de recherche développées visent à analyser la variabilité des processus écologiques en relation avec les facteurs biotiques et abiotiques. La stratégie scientifique se décline suivant deux axes complémentaires : l’étude des réponses spatiales et écophysiologiques des communautés végétales. Dans ce cadre, plusieurs modèles biologiques sont considérés notamment en milieu marin et lagunaire, les herbiers de magnoliophytes et plus récemment les communautés phytoplanctoniques. L’approche se veut à la fois fondamentale et appliquée, afin de permettre le transfert des résultats et des principes scientifiques vers les gestionnaires et les professionnels. Vanina Pasqualini est responsable d’un projet structurant « Gestion et valorisation des Eaux en Méditerranée » au sein de l’UMR CNRS Sciences Pour l’Environnement et est directrice adjointe de l’Observatoire Hommes-Milieux «Littoral méditerranéen» du CNRS (INEE). Elle est également membre du CNU en 67ème section.

Titre de la conférence : Gestion et restauration des lagunes méditerranéennes : Quel impact sur les communautés végétales benthiques et pélagiques ?

Résumé : Les lagunes côtières constituent des écosystèmes d’eau de transition très répandus sur le littoral méditerranéen. Elles sont comptées parmi les plus riches réservoirs de productivité biologique et sont considérées comme des "hotspots" de biodiversité. Dans ces systèmes hautement productifs, les producteurs primaires jouent un rôle substantiel dans les flux de matière et d’énergie vers les réseaux trophiques et soutiennent des services écosystémiques à haute valeur économique. Toutefois, ces lagunes font parties des zones les plus menacées par l’anthropisation en zone littorale et sont soumises à diverses perturbations provoquant des changements importants de leurs conditions physico-chimiques (e.g. eutrophisation croissante, variation de la salinité). Ces pressions entraînent des altérations de la répartition, de la structure et du fonctionnement des communautés végétales, qu’elles soient benthiques ou pélagiques. Dans une première partie, cet exposé se focalisera sur les herbiers de magnoliophytes, compte tenu de leurs rôles écologiques et économiques majeurs en milieu lagunaire (e.g. équilibre sédimentaire, nurserie, bioindicateur). La seconde partie de la présentation sera consacrée aux communautés phytoplanctoniques et à leurs sensibilités face aux contraintes environnementales, entraînant des modifications importantes de biomasse et des altérations de la diversité et de la structure des communautés. Le propos sera illustré par des exemples sur des mesures de gestion et des actions de restauration des lagunes méditerranéennes et leurs impacts sur les communautés végétales. Une discussion sera engagée sur les trajectoires de restauration et sur les capacités de résilience des écosystèmes lagunaires.

 

- Sandrine Petit

DR INRA, UMR Biologie et Gestion des Adventices, Dijon

sandrine_petit.pngTitre de la conférence :  Dynamique spatio-temporelle des communautés végétales dans les agro-écosystèmes.

Thématique de recherche : Je suis une écologue du paysage qui s'intéresse à l'effet des structures spatiales sur différents niveaux d'organisation de la biodiversité dans les paysages agricoles. J'ai mené des recherches sur différents modèles biologiques pendant 10 ans au Centre for Ecology and Hydrology en Grande Bretagne et j'ai rejoint l'INRA Dijon en 2007 pour travailler sur ces questions sur le modèle particulier des communautés d'adventices des cultures. Ces recherches visent à identifier les effets des systèmes agricoles sur la flore et prennent en compte l'effet du système de culture (succession de pratiques à l'échelle de la parcelle agricole) et de la mosaïque agricole (agencement spatial des systèmes de culture et des éléments semi-naturels)  sur la richesse, l'abondance et la composition des communautés végétales ainsi que sur des communautés en interaction avec cette flore, notamment les insectes granivores.

 

- Cyrille Violle

CR CNRS, UMR 5175 Centre d'Ecologie Fonctionnelle et Evolutive, Montpellier

C_Violle.pngThématique de recherche : Mes travaux ont pour objectif de comprendre la réponse de la biodiversité à des variations de facteurs du milieu, aussi bien à l’échelle locale que continentale. Je travaille principalement sur les végétaux, les écosystèmes herbacés en particulier, mais également sur les microorganismes, en privilégiant l'étude du rôle fonctionnel des espèces au sein des communautés. Une hypothèse forte à l’origine de ma démarche est que les traits fonctionnels des organismes déterminent leurs interactions avec les conditions abiotiques d’une part et avec les autres espèces d’autre part. Plus récemment, je participe aux transferts des concepts de l’écologie fonctionnelle et l’écologie des communautés vers l’agroécologie.

Titre de la conférence : Importance de la variabilité inter- et intra-spécifique en écologie des communautés

Résumé : L'incorporation des traits fonctionnels en écologie des communautés a récemment permis de nombreuses avancées dans la compréhension des règles d'assemblage des communautés. Cependant, la variabilité intra-spécifique des traits tarde à être prise en compte, malgré sa place centrale dans les travaux théoriques sur la niche et la coexistence des espèces. Cet exposé montrera les atouts et les limites d’une approche fondée sur les traits des espèces pour aborder les questions fondamentales de l’écologie des communautés. Dans la première partie, les avancées d’une approche fonctionnelle de l’écologie des communautés seront abordées. La seconde partie présentera les limites d’une approche par « champ moyen » (une moyenne de trait par espèce) et proposera un cadre conceptuel pour prendre simultanément en compte la variation intra- et interspécifique des traits fonctionnels lors de l’évaluation des règles d’assemblage des communautés. J’illustrerai mon propos par une méta-analyse à l’échelle globale à partir d’études qui ont quantifié la part relative de la variation phénotypique intra- et interspécifique au sein des communautés. En perspectives, je traiterai des limites d’une approche trait par trait qui ne permet pas d’évaluer le rôle écologique du phénotype dans son environnement et proposerai une nouvelle approche basée sur une quantification à n dimensions de la niche des espèces.

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